Le contrat entre une agence OFM et une créatrice : ce qu'il doit contenir
Beaucoup de collaborations entre agences et créatrices reposent sur un message et une promesse orale. Un contrat écrit protège d'abord la créatrice, et il protège aussi l'agence qui travaille honnêtement.
Une créatrice découvre au bout de quatre mois que l'agence prélève plus que ce qui avait été dit, qu'elle n'a plus accès à son propre compte, et qu'elle ne peut pas partir sans payer une pénalité. Aucun de ces points n'était écrit nulle part, ou alors dans un document signé sans relecture. Le contrat est l'endroit où ces situations se préviennent.
Pour une agence honnête, le contrat n'est pas une contrainte : c'est ce qui la distingue des autres, et ce qui la protège le jour où une collaboration se termine mal. Voici ce qu'il doit contenir, et les clauses qui devraient faire refuser une signature.
Les clauses indispensables
| Objet | La liste exacte des services : acquisition, messages, calendrier, analyse | Une formule vague qui permet tout |
| Commission | Le taux, sa base de calcul, la date de versement | Un taux calculé sur le brut sans le dire |
| Propriété des comptes | Les comptes, identifiants et contenus restent à la créatrice | Des accès transférés à l'agence |
| Limites de contenu | Ce que la créatrice accepte, révisable par elle seule | Des objectifs de production imposés |
| Relation aux abonnés | Qui écrit en son nom, dans quel cadre, avec quelle transparence | Des abonnés trompés sur leur interlocuteur |
| Relevés | Un relevé mensuel détaillé, accès en lecture aux statistiques | Des chiffres communiqués oralement |
| Durée et sortie | Durée, préavis court, période d'essai, restitution des accès | Une exclusivité longue et une pénalité de départ |
Un contrat se rédige dans une langue que la créatrice comprend, sans renvoi à des conditions générales introuvables. Chaque clause du tableau doit pouvoir être expliquée en une phrase. Si l'agence n'y arrive pas, c'est souvent que la clause sert à autre chose que ce qu'elle annonce.
La commission, et sur quoi elle se calcule
La plateforme prélève sa part avant tout le monde, souvent autour de 20 % des revenus. La commission de l'agence se calcule ensuite, et le contrat doit dire clairement si c'est sur le montant payé par l'abonné ou sur ce que la créatrice reçoit réellement. Sur une même activité, la différence se chiffre vite en centaines d'euros par mois.
Voir les données
| Commission de 30 % sur le net | Commission de 50 % sur le brut | Total | |
|---|---|---|---|
| Plateforme | 20 € | 20 € | 40 € |
| Agence | 24 € | 50 € | 74 € |
| Créatrice | 56 € | 30 € | 86 € |
Voir les données
| Plateforme | Agence | Créatrice | |
|---|---|---|---|
| Commission de 30 % sur le net | 20 | 24 | 56 |
| Commission de 50 % sur le brut | 20 | 50 | 30 |
Une répartition équitable laisse à la créatrice la part principale de ce que son travail et son image produisent. Une commission qui dépasse ce que reçoit la créatrice doit être justifiée par un service exceptionnel, et elle est aussi, aujourd'hui, un signal que les enquêteurs regardent.
Le contrat doit aussi préciser qui paie quoi : la publicité engagée pour acquérir des abonnés, les outils, les éventuels chatters. Si ces frais sont déduits avant le calcul de la part de la créatrice, elle doit le savoir et pouvoir les vérifier sur le relevé. Des frais ajoutés sans justificatif sont l'un des litiges les plus fréquents du secteur.
La sortie, prévue dès l'entrée
Un contrat se juge surtout à la façon dont il se termine. La créatrice doit pouvoir partir sans perdre ses comptes ni ses abonnés, et l'agence doit être payée pour le travail déjà fait. Écrire la procédure à l'avance évite la négociation au pire moment.
Court, par écrit, sans pénalité. Un mois est un ordre de grandeur courant après la période d'essai.
Les revenus jusqu'à la date de fin, la commission due, et rien au-delà. Pas de commission perpétuelle sur les abonnés déjà acquis.
L'agence rend tous les accès, supprime ses sessions ouvertes et confirme par écrit. La créatrice change ses mots de passe.
Ils restent à la créatrice. L'agence n'en conserve aucune copie et ne les réutilise nulle part.
Pour l'agence, la sortie a aussi un intérêt : une clause claire évite d'être accusée d'avoir retenu des accès ou des revenus, et une séparation propre ne ferme pas la porte à une recommandation.
Les clauses à refuser
- Une exclusivité de plusieurs années sans possibilité de sortie avant terme.
- Une pénalité de départ calculée sur des revenus futurs supposés.
- Un transfert des comptes ou des contenus au nom de l'agence.
- Des quotas de production ou des obligations sur la nature des contenus.
- Une avance d'argent remboursable sur les revenus, qui crée une dette envers l'agence.
Voir des contrats réels, commentés
Les modèles de contrat qui circulent en ligne sont souvent écrits du côté de l'agence, et rarement confrontés à une vraie séparation. Ce qui aide, c'est d'entendre des gens qui ont signé, renégocié et rompu ces contrats, et qui disent quelles clauses ont servi et lesquelles ont posé problème.
Les sessions OFM sur Tribune traitent le métier sous cet angle : organisation, contrats, chiffres, sans contenu explicite. Vous écoutez librement les premières minutes, et vous pouvez poser en direct la question de la clause qui vous inquiète.