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Les chiffres d'une agence OFM : revenus, commissions, charges

Les captures de revenus qui circulent sur les réseaux montrent des encaissements bruts, jamais ce qui reste. Voici comment se décompose l'argent d'une agence, du paiement de l'abonné jusqu'à la marge, avec des ordres de grandeur prudents.

Diego DemazureCofondateur de Tribune · 25 septembre 2026 · 3 min

Une capture d'écran affiche trente mille euros encaissés dans le mois, et la légende laisse entendre que c'est ce que gagne l'agence. C'est presque toujours faux. Ce chiffre est le total payé par les abonnés, avant la part de la plateforme, avant le reversement à la créatrice, avant les salaires, la publicité et les impôts.

Comprendre les chiffres d'une agence, c'est suivre un euro depuis la carte de l'abonné jusqu'à ce qui reste réellement. L'exercice est utile pour qui veut monter une agence, et plus encore pour une créatrice qui veut savoir si la commission qu'on lui propose est juste.

D'où vient l'argent, où il va

La plateforme prend d'abord sa part, souvent autour de 20 %. Le reste revient au compte de la créatrice, qui verse à l'agence sa commission selon le contrat. L'agence paie ensuite ses propres charges. Chaque étage réduit fortement le montant de départ.

Ce que deviennent 10 000 € payés par les abonnés
Payé par les abonnésAprès la plateformeCommission de l'agenceAprès charges de l'agence
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Ce que deviennent 10 000 € payés par les abonnés
Payé par les abonnés10 000 €
Après la plateforme8 000 €
Commission de l'agence2 800 €
Après charges de l'agence900 €
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Payé par les abonnésAprès la plateformeCommission de l'agenceAprès charges de l'agence
Montant1000080002800900
Exemple illustratif : commission de 35 % sur le net, charges de l'agence de l'ordre des deux tiers de sa commission. Avant impôts.

Dans cet exemple, sur dix mille euros encaissés, l'agence garde moins d'un millier d'euros avant impôts, et la créatrice en reçoit plus de cinq mille. Les proportions varient beaucoup d'une agence à l'autre, mais l'ordre de grandeur est souvent celui-là : l'essentiel de l'argent ne reste pas dans l'agence, et c'est normal.

Pour une créatrice, cette décomposition sert aussi de grille de lecture. Si une agence annonce une commission modérée mais facture en plus la publicité, les outils et les chatters, le prélèvement réel peut être bien supérieur au taux affiché. Le seul chiffre qui compte est ce qui arrive sur son compte, rapporté à ce que les abonnés ont payé.

Les commissions pratiquées

Les taux varient selon ce que l'agence prend réellement en charge. Ceux qui suivent sont des fourchettes constatées couramment, à lire avec prudence : le marché est opaque, et le taux compte moins que la base sur laquelle il s'applique.

Commission et service rendu
ConseilStratégie, analyse mensuelle, sans gestion quotidienne10 à 20 %
Gestion partielleAcquisition ou messagerie, pas les deux20 à 35 %
Gestion complèteAcquisition, messagerie, calendrier, analyse30 à 50 %
Commission calculée sur ce que reçoit la créatrice après la part de la plateforme. Au-delà de la moitié, la répartition devient difficile à justifier.

Les charges d'une agence

Une agence qui gère sérieusement plusieurs créatrices supporte des charges qui montent vite, et dont la plupart sont fixes : elles tombent même quand un compte baisse.

Un mois type pour trois créatrices, en ordre de grandeur
Chatters3 000 à 6 000 €Le premier poste, et de loin
Publicité et acquisition500 à 3 000 €Très variable selon les canaux
Outils et logiciels200 à 600 €Gestion des messages, planification, analyse
Comptabilité, juridique200 à 500 €Indispensable dans ce secteur
Rémunération du dirigeantVariableSouvent oubliée dans les calculs
Montants illustratifs, hors impôts et cotisations. Chaque agence doit faire son propre budget.

Ces montants expliquent pourquoi tant d'agences débutantes ne sont pas rentables avant plusieurs mois. Avec une seule créatrice, les chatters et les outils coûtent presque autant qu'avec trois, et la commission ne suffit pas à les couvrir. Le dirigeant travaille alors gratuitement, souvent sans le mesurer, en attendant une croissance qui n'arrive pas toujours.

Ce qui fait couler une agence

  • Confondre encaissements et bénéfice. Dépenser sur la base des revenus bruts avant d'avoir payé les chatters et la créatrice.
  • Dépendre d'une seule créatrice. Son départ, parfaitement légitime, fait disparaître l'essentiel du chiffre d'affaires.
  • Ne pas mesurer la rétention. Un abonné qui part au bout d'un mois a coûté son acquisition sans la rembourser.
  • Oublier la fiscalité. TVA, cotisations, impôt sur les bénéfices : un expert-comptable doit valider votre structure dès le départ.

La tentation, face à ces chiffres, est d'augmenter la commission ou de pousser les créatrices à produire davantage. C'est la mauvaise réponse : elle fait partir les créatrices et expose l'agence juridiquement. La bonne est de mieux retenir les abonnés et de maîtriser les charges.

Demander leurs chiffres à ceux qui les ont

Aucune formation ne vous montrera un vrai compte de résultat d'agence, avec les mois creux et les départs. Ces chiffres, seuls les gens qui gèrent une activité aujourd'hui les ont, et ils les partagent plus volontiers quand vous posez une question précise.

Les sessions OFM de Tribune sont faites pour ça : des créateurs vérifiés parlent en direct de leur organisation et de leurs chiffres, sans contenu explicite. Les premières minutes sont en écoute libre, et le chat est ouvert pendant toute la session.

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