Choisir sa niche de créateur : entre passion et marché
« Parlez de ce qui vous passionne » et « allez là où est l'argent » sont deux conseils également incomplets. Une bonne niche se trouve à l'intersection de ce que vous pouvez tenir, de ce que vous savez et de ce que des gens cherchent.
Vous voulez créer du contenu, mais vous hésitez entre trois sujets. L'un vous passionne mais semble minuscule, l'autre paraît rentable mais vous ennuie, le troisième est déjà occupé par des comptes énormes. Six mois plus tard, vous hésitez toujours, et vous n'avez rien publié.
Le choix d'une niche paraît définitif ; il ne l'est pas. Ce qui compte, c'est de choisir assez bien pour tenir un an, puis d'ajuster avec ce que vous apprenez en publiant.
Les trois cercles
- Ce que vous pouvez tenir. Un sujet dont vous pourrez encore parler dans deux cents publications. La passion aide surtout à ça : durer.
- Ce que vous savez ou vivez. Une compétence, un métier, une expérience en cours. Vous n'avez pas à être le meilleur, seulement à avoir quelque chose de vrai à montrer.
- Ce que des gens cherchent. Des questions posées, des recherches, des communautés actives. Et idéalement, des gens qui dépensent déjà de l'argent sur le sujet.
Une niche qui coche les trois est rare au premier essai. Celle qui en coche deux solidement, avec le troisième plausible, est un bon point de départ.
Le piège le plus courant est de choisir uniquement avec le troisième cercle : un sujet rentable qui ne vous dit rien. On tient trois mois, puis la publication devient une corvée, et le public le sent. À l'inverse, une passion sans aucune demande donne un compte agréable à tenir mais qui ne grandit pas. Il faut les deux jambes.
Le deuxième cercle rassure souvent à tort ceux qui débutent. Vous n'avez pas besoin d'un diplôme ni de dix ans de métier : documenter honnêtement un apprentissage en cours, avec ses échecs, est une forme de légitimité. Beaucoup d'audiences préfèrent suivre quelqu'un qui a deux étapes d'avance sur elles plutôt qu'un expert qui a oublié ce que c'est de débuter.
Une grille pour comparer vos idées
| Durée | Aurai-je encore envie d'en parler dans deux ans ? | 5 |
| Légitimité | Ai-je une pratique ou un parcours à montrer ? | 4 |
| Demande | Des gens posent-ils ces questions en ligne ? | 4 |
| Argent | Ces gens paient-ils déjà pour ce sujet ? | 3 |
| Angle | Puis-je le traiter différemment des comptes existants ? | 4 |
Pour noter la demande, cherchez votre sujet dans les suggestions des moteurs de recherche, sur les réseaux et dans les forums. Pour noter l'argent, regardez s'il existe des produits, des formations, des magazines ou des marques qui vendent déjà à ce public. Leur présence n'est pas une menace : elle prouve qu'un marché existe.
Petite niche ne veut pas dire petit revenu
- Beaucoup de recherches, beaucoup de concurrence
- Difficile de se faire remarquer
- Audience peu engagée, qui vient pour une recette
- Revenus surtout publicitaires
- Moins de recherches, beaucoup moins de concurrence
- On devient vite la référence
- Audience fidèle, qui revient pour vous
- Abonnements, produits et partenariats ciblés possibles
Une niche précise se laisse élargir plus tard ; l'inverse est beaucoup plus difficile. Commencer étroit, c'est aussi savoir exactement pour qui l'on écrit chaque publication.
Le public d'une niche précise a aussi plus de valeur pour les marques. Un fabricant de matériel de course préférera souvent un compte de 10 000 coureurs à un compte de 100 000 amateurs de cuisine en général. Et ces 10 000 personnes seront plus nombreuses à payer pour un contenu qui leur est vraiment destiné.
Tester avant de s'engager
Si vous peinez à en trouver vingt, la niche est trop étroite ou ne vous inspire pas assez.
Deux par semaine, sur un seul réseau, sans vous soucier de la perfection.
Pas le nombre d'abonnés, mais les commentaires, les questions, les partages et les messages reçus.
Continuer, resserrer l'angle, ou passer à l'idée suivante avec ce que vous avez appris.
Pendant ces six semaines, gardez un carnet : les sujets qui vous ont donné envie d'écrire et ceux qui vous ont coûté. C'est une donnée aussi importante que les statistiques. Si chaque publication est un effort, la niche ne tiendra pas deux ans, quels que soient les chiffres.
Rien n'interdit non plus de faire évoluer la niche en cours de route. Beaucoup de créateurs ont commencé sur un sujet voisin avant de trouver leur angle, porté par les questions de leur audience. Ce qui ne pardonne pas, c'est de changer tous les mois sans jamais laisser un test aller au bout.
Écouter des créateurs de niche
Le plus instructif est d'entendre des créateurs qui ont choisi un sujet précis raconter leurs hésitations, leurs pivots et ce que leur niche rapporte réellement. Sur Tribune, des créateurs vérifiés le font en direct, et vous pouvez leur soumettre vos idées de niche dans le chat. Les premières minutes sont libres, dans les sessions sur le contenu.