Micro-entreprise ou société : quel statut pour débuter en freelance
La micro-entreprise est simple et suffit à la plupart des débuts ; la société devient intéressante quand le chiffre d'affaires ou les frais montent. Voici les seuils et les taux en vigueur en 2026, et les questions à se poser avant de choisir.
Au moment de se lancer, la question du statut prend souvent des semaines. On lit tout, on compare des simulateurs, on hésite entre la simplicité de la micro-entreprise et le sérieux supposé d'une société. Pour la plupart des débuts, le choix est moins lourd qu'il n'y paraît, et il se change plus tard.
Ce qui compte, c'est votre chiffre d'affaires prévisible, vos frais réels et ce que vous voulez vous verser. Voici les règles en vigueur en septembre 2026, telles que publiées par l'Urssaf et l'administration fiscale. Elles restent générales : pour votre cas précis, un expert-comptable reste le bon interlocuteur.
La micro-entreprise : simple, et plafonnée
La micro-entreprise se crée en ligne, gratuitement, en quelques jours. Vous déclarez votre chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre, et vous payez des cotisations sociales en pourcentage de ce que vous encaissez. Pas de bilan, une comptabilité réduite à un livre des recettes.
| Prestations de services libérales (BNC), régime général | 83 600 € | 25,6 % du chiffre d'affaires |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 83 600 € | 21,2 % du chiffre d'affaires |
| Professions libérales relevant de la Cipav | 83 600 € | 23,2 % du chiffre d'affaires |
La franchise en base de TVA est une limite distincte : en 2026, elle reste à 37 500 € de chiffre d'affaires pour les prestations de services, avec un seuil majoré de 41 250 €. Le projet d'un seuil unique plus bas a été abandonné fin 2025. Au-delà, vous facturez la TVA, ce qui renchérit votre prix pour les clients particuliers mais ne change rien pour les entreprises, qui la récupèrent.
La limite principale de la micro-entreprise tient aux frais : ils ne se déduisent pas. L'impôt est calculé après un abattement forfaitaire, 34 % pour les activités libérales, et les cotisations portent sur tout ce que vous encaissez. Si vos frais réels dépassent cet abattement, vous payez sur de l'argent que vous n'avez pas gagné.
Côté impôt, deux options. Par défaut, votre chiffre d'affaires, après abattement, s'ajoute à vos autres revenus et suit le barème de l'impôt sur le revenu. Sous condition de revenu du foyer, vous pouvez opter pour le versement libératoire : 2,2 % du chiffre d'affaires en plus des cotisations pour une activité libérale, et l'impôt est réglé. Intéressant si votre foyer est imposé dans une tranche élevée, beaucoup moins sinon.
Un exemple : avec 50 000 € de chiffre d'affaires en profession libérale, les cotisations tournent autour de 12 800 €. Si vos frais réels sont de 3 000 €, la micro-entreprise reste simple et raisonnable. S'ils sont de 20 000 €, parce que vous sous-traitez ou achetez du matériel coûteux, le calcul change nettement.
La société : EURL ou SASU
En société, vous déduisez vos frais réels, vous pouvez garder des bénéfices dans l'entreprise, et vous choisissez votre rémunération. En EURL, le gérant relève en général de la sécurité sociale des indépendants, avec des cotisations plus faibles mais une protection moindre. En SASU, le président est assimilé salarié : cotisations plus élevées, meilleure protection, et possibilité de se verser des dividendes.
La contrepartie : des frais de création, un expert-comptable presque indispensable, souvent plus de mille euros par an, et des obligations comptables réelles. Les arbitrages entre salaire et dividendes dépendent de votre situation personnelle et changent avec les lois de finances : c'est précisément le travail d'un comptable.
- Création gratuite et rapide
- Cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires
- Pas de comptable obligatoire
- Frais réels non déductibles
- Plafond de 83 600 € pour les services
- Création et gestion payantes
- Frais réels déductibles
- Rémunération à choisir
- Comptable presque indispensable
- Pas de plafond de chiffre d'affaires
Il existe aussi l'entreprise individuelle au régime réel, sans créer de société, et le portage salarial, qui vous laisse le statut de salarié en échange de frais de gestion. Ces deux voies méritent d'être regardées si ni la micro-entreprise ni la société ne vous conviennent tout à fait.
Comment choisir, concrètement
Loin du plafond et incertain : la micro-entreprise suffit presque toujours.
S'ils dépassent l'abattement forfaitaire, la société devient plus intéressante.
Certains grands comptes et certaines sociétés de portage le préfèrent. Renseignez-vous dans votre secteur.
Garder de la trésorerie dans l'entreprise ou tout vous verser : la réponse change le statut le plus favorable.
Pour un freelance qui démarre seul, avec peu de frais et un chiffre d'affaires incertain, la micro-entreprise est presque toujours le point de départ le plus raisonnable. Elle permet de tester l'activité sans frais fixes, et de ne passer en société qu'une fois les chiffres réels connus.
Surveillez en revanche deux seuils en cours d'année : celui de la franchise de TVA, qui arrive bien avant le plafond de la micro-entreprise, et le plafond lui-même. Le dépasser une année ne fait pas sortir du régime ; le dépasser deux années de suite, si.
Poser ses questions à ceux qui ont fait le choix
Un simulateur donne un chiffre ; un freelance qui a changé de statut vous dit ce que ça a changé dans sa vie, et ce qu'il aurait aimé savoir avant. Sur les sessions freelance de Tribune, vous posez la question en direct, avec votre chiffre d'affaires prévu. Les premières minutes sont en écoute libre. Pour la décision finale, un expert-comptable reste indispensable.