Vendre son expertise en direct : un revenu sans produire de cours
Produire une formation vidéo prend des mois, et elle vieillit dès sa sortie. Le direct propose un autre modèle : parler de ce que vous faites déjà, répondre aux questions, et être payé pour ce temps-là.
Vous exercez un métier depuis des années. On vous pose souvent les mêmes questions, en rendez-vous, sur les réseaux, à la machine à café. Et vous vous êtes déjà dit qu'il y avait là une valeur à vendre. La réponse habituelle est de créer une formation : écrire un plan, tourner des vidéos, monter, construire une page de vente.
C'est un projet de plusieurs mois, pendant lesquels vous ne gagnez rien, pour un produit qui commencera à vieillir le jour de sa sortie. Il existe une autre façon de vendre ce que vous savez : le faire en direct, régulièrement, devant des gens qui paient pour être là.
Ce que coûte vraiment une formation vidéo
Le temps de tournage n'est qu'une partie du travail. Il faut structurer, écrire, refaire les prises, monter, habiller, puis vendre, ce qui demande souvent plus d'énergie que tout le reste. Voici un ordre de grandeur, pour une formation de six heures.
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| Formation vidéo | Première session en direct | Total | |
|---|---|---|---|
| Plan et écriture | 40 h | 3 h | 43 h |
| Tournage | 30 h | 1 h | 31 h |
| Montage | 60 h | 0 h | 60 h |
| Page et tunnel de vente | 30 h | 2 h | 32 h |
| Lancement | 40 h | 4 h | 44 h |
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| Plan et écriture | Tournage | Montage | Page et tunnel de vente | Lancement | |
|---|---|---|---|---|---|
| Formation vidéo | 40 | 30 | 60 | 30 | 40 |
| Première session en direct | 3 | 1 | 0 | 2 | 4 |
Le modèle du direct
En direct, vous ne produisez pas un cours : vous tenez une session. Vous parlez d'un sujet de votre métier pendant une heure, vous montrez ce que vous faites, et vous répondez aux questions posées dans le chat. Le contenu est à jour par définition, puisqu'il parle de votre semaine.
Ce qui se vend n'est pas un savoir figé, c'est votre présence : votre avis sur le cas d'un auditeur, vos chiffres du mois, ce que vous feriez à sa place. C'est exactement la partie que les formations vendent le plus cher, et qu'elles rationnent le plus.
- Des mois de production avant de vendre
- Un contenu qui vieillit
- Une vente d'un coup, puis il faut relancer
- Les questions arrivent après, par courriel
- Une première session possible la semaine prochaine
- Un contenu qui suit votre actualité
- Un revenu qui se répète, session après session
- Les questions arrivent pendant, et nourrissent la session
Un consultant en recrutement peut, par exemple, consacrer une session à relire en direct trois offres d'emploi envoyées par ses auditeurs. Une comptable peut expliquer les échéances du trimestre et répondre aux questions de ceux qui s'y perdent. Un fondateur peut ouvrir ses chiffres du mois et raconter ce qu'il a changé. Dans les trois cas, il n'y a rien à tourner ni à monter : il y a un métier, raconté pendant qu'on l'exerce.
Ce que le direct demande en échange
Le direct n'est pas un revenu passif. Il demande de la régularité : un auditeur qui s'abonne s'attend à retrouver des sessions. Il demande aussi d'accepter l'imprévu, une question à laquelle on n'a pas de réponse, un silence dans le chat au début. Ce n'est pas plus difficile qu'un rendez-vous client ; c'est différent d'une vidéo montée.
La bonne nouvelle est que ces compétences sont déjà les vôtres. Vous expliquez votre métier à des clients depuis des années ; vous savez répondre à une question imprévue. Les premières sessions sont un peu raides, comme les premiers rendez-vous l'étaient. Au bout de cinq ou six, la plupart des créateurs trouvent leur rythme et leur façon de faire.
Il faut aussi un minimum d'équipement : un micro correct compte davantage qu'une caméra, car une voix claire garde un auditeur plus sûrement qu'une belle image. Le reste — le lieu, l'éclairage, l'habillage — peut attendre que vous sachiez si le format vous convient.
Comment on se fait payer sur Tribune
Sur Tribune, un créateur a trois façons de se faire payer : un abonnement mensuel à sa chaîne (à partir de 9 euros), un billet pour une session donnée (à partir de 3 euros), ou un don (à partir de 2 euros). Les paiements arrivent sur votre propre compte Stripe ; Tribune prend une commission qui dépend de votre palier, détaillée sur la page des tarifs.
Vous réglez aussi le nombre de minutes d'écoute libre au début de chaque session : ce sont elles qui permettent à un inconnu de vous découvrir sans sortir sa carte. Dans la salle, les auditeurs écrivent dans le chat, posent leurs questions, envoient des flammes, et vous pouvez inviter l'un d'eux sur scène pour discuter de son cas à voix haute.
Commencer sans tout préparer
La question qui revient le plus en rendez-vous est votre premier titre de session.
Trois idées, un exemple chiffré de votre activité, et le reste du temps pour les questions.
À votre réseau, à vos clients, sur vos réseaux sociaux. Une date proche vaut mieux qu'un lancement parfait.
La régularité transforme des curieux en abonnés.
Rien ne vous empêche, plus tard, de transformer ce que vous avez appris en direct en contenu plus durable : quelques vidéos sur votre chaîne pour les questions qui reviennent sans cesse. Mais ce sera un prolongement de ce que vos auditeurs vous ont demandé, et non un pari de six mois sur ce qu'ils voudraient peut-être.