La fiscalité des cryptos en France : ce qu'il faut déclarer
Flat tax passée à 31,4 % en 2026, seuil de 305 €, formulaires 2086 et 3916-bis : la fiscalité des cryptos tient en quelques règles, mais chacune a ses pièges. Voici ce qui est imposable, ce qui ne l'est pas, et ce qu'il faut déclarer même sans gain.
Chaque printemps, la même question revient : « j'ai acheté un peu de crypto, est-ce que je dois déclarer quelque chose ? ». La réponse est souvent oui, même quand on n'a rien vendu, et l'oubli d'un simple formulaire coûte plus cher que l'impôt lui-même.
Les règles décrites ici sont celles applicables en France en 2026 aux particuliers qui investissent de façon occasionnelle. Elles évoluent régulièrement, et une situation particulière — activité intensive, résidence à l'étranger, montants importants — mérite l'avis d'un expert-comptable ou d'un avocat fiscaliste.
Ce qui est imposable, et ce qui ne l'est pas
L'impôt ne porte que sur les cessions contre de la monnaie ayant cours légal (des euros, par exemple) ou contre un bien ou un service. Échanger une crypto contre une autre crypto, y compris contre un stablecoin, n'est pas imposable au moment de l'échange : le calcul se fait lors de la conversion en euros ou de l'achat d'un bien.
- Vendre une crypto contre des euros
- Payer un bien ou un service en crypto
- Dépenser via une carte crypto qui convertit à l'achat
- Acheter une crypto avec des euros
- Échanger une crypto contre une autre, stablecoins compris
- Transférer entre vos propres portefeuilles
Le taux : la flat tax à 31,4 %
Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique est passé de 30 % à 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Vous pouvez opter pour le barème progressif si votre tranche marginale est faible, mais l'option est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux de l'année.
Le seuil de 305 € est souvent mal compris. Il ne porte pas sur la plus-value mais sur le total des cessions de l'année. Si vous avez vendu pour 305 € ou moins au total, rien n'est imposable. Au-delà, c'est toute la plus-value de l'année qui l'est, dès le premier euro.
Le calcul, sur un exemple
La plus-value ne se calcule pas jeton par jeton, mais sur l'ensemble du portefeuille. La formule rapporte une part du prix d'achat total à la cession : prix de cession, moins prix total d'acquisition multiplié par le prix de cession divisé par la valeur globale du portefeuille au moment de la vente.
| Total investi dans le portefeuille | 6 000 € |
| Valeur de tout le portefeuille le jour de la vente | 10 000 € |
| Montant vendu en euros | 2 000 € |
| Part du prix d'acquisition imputée : 6 000 × 2 000 / 10 000 | 1 200 € |
| Plus-value : 2 000 − 1 200 | 800 € |
| Impôt à 31,4 % | 251,20 € |
Avec plusieurs ventes dans l'année, le calcul s'enchaîne et devient vite fastidieux. Des logiciels spécialisés importent l'historique des plateformes et produisent le formulaire ; vérifiez quand même que tous vos comptes y sont.
Les formulaires à remplir
Tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos dans l'année sur une plateforme étrangère se déclare, même sans vente et même avec un solde nul.
Si vos cessions dépassent 305 € sur l'année, chacune y est détaillée avec le calcul de plus-value ou de moins-value.
Le résultat net de l'année se reporte sur la déclaration complémentaire de revenus.
Historiques d'achat, relevés de plateformes, captures de valeur du portefeuille : l'administration peut les demander pendant plusieurs années.
Les moins-values de l'année s'imputent sur les plus-values de la même année, mais ne se reportent pas sur les années suivantes. Les revenus de staking, de prêt ou les airdrops posent des questions plus floues, sur lesquelles la doctrine reste incomplète : c'est typiquement le cas où un avis professionnel se justifie.
Un piège courant concerne la valeur globale du portefeuille. Elle inclut toutes vos cryptos, sur toutes les plateformes et tous les wallets, au moment exact de la cession, et pas seulement le jeton vendu. Oublier un portefeuille fausse le calcul, dans un sens ou dans l'autre. Autre piège : les petites dépenses par carte crypto, qui sont autant de cessions et peuvent à elles seules faire franchir le seuil de 305 €.
Enfin, ces règles concernent l'investisseur occasionnel. Une activité exercée dans des conditions assimilables à celles d'un professionnel, par exemple du trading très fréquent avec des moyens importants, peut relever d'un autre régime, celui des bénéfices non commerciaux. La frontière s'apprécie au cas par cas : c'est précisément le type de question à poser à un professionnel.
Entendre comment les autres s'organisent
La règle est publique ; ce qui manque souvent, c'est la façon de s'organiser toute l'année pour ne pas reconstituer trois ans d'historique en mai. Les investisseurs réguliers ont chacun leur routine d'export, leurs outils et leurs erreurs passées.
Dans les sessions crypto de Tribune, des créateurs vérifiés en parlent en direct, et vous pouvez poser votre question dans le chat. Une session ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé, mais elle aide à savoir quelle question poser à son comptable. Les premières minutes sont libres.