Analyse technique : les indicateurs qui servent vraiment, et ceux qui ne servent à rien
Un graphique chargé de dix indicateurs donne l'impression de tout voir. En réalité, il répète souvent dix fois la même information. Voici ce que mesurent les indicateurs les plus courants, et comment en garder peu.
Ouvrez la plateforme d'un débutant, et vous verrez souvent la même chose : des moyennes mobiles de trois couleurs, un RSI, un MACD, des bandes de Bollinger, un stochastique, et quelque part, sous tout ça, le prix. Plus d'indicateurs ne veut pas dire plus d'information. Presque tous sont calculés à partir du même prix.
L'analyse technique a ses limites, et elle ne prédit rien avec certitude. Mais certains outils aident à lire un marché, d'autres ajoutent surtout du bruit. La différence tient à une question : qu'est-ce que cet indicateur me dit que le prix ne me dit pas déjà ?
D'abord, le prix lui-même
Avant tout indicateur, il y a la structure du prix : les sommets et les creux, les zones où il a rebondi plusieurs fois, les niveaux où il a hésité. Beaucoup de praticiens expérimentés travaillent avec un graphique presque nu, quelques niveaux tracés à la main et une ou deux moyennes. Un indicateur est un résumé du prix ; il ne le remplace pas.
Les indicateurs, famille par famille
Les indicateurs courants se rangent en quelques familles. Deux indicateurs de la même famille disent à peu près la même chose : en mettre deux, c'est se donner une fausse confirmation.
| Moyenne mobile | Tendance | La direction moyenne du prix sur une période | En retard par construction |
| MACD | Tendance | L'écart entre deux moyennes mobiles | Même retard, même information |
| RSI | Élan | La vitesse des hausses face aux baisses | Peut rester « suracheté » longtemps en tendance |
| Stochastique | Élan | La position du prix dans sa fourchette récente | Proche du RSI, souvent redondant |
| Bandes de Bollinger | Volatilité | L'amplitude habituelle des mouvements | Ne dit pas la direction |
| ATR | Volatilité | La taille moyenne d'une bougie | Utile pour les stops, pas pour entrer |
| Volume | Participation | Combien s'échange à chaque mouvement | Peu fiable sur certains marchés décentralisés |
Ceux qui servent, en pratique
- Une ou deux moyennes mobiles pour situer la tendance de fond : le prix est-il au-dessus ou en dessous, la moyenne monte-t-elle ou descend-elle ?
- Un indicateur de volatilité comme l'ATR pour placer un stop à une distance qui tient compte des mouvements normaux du marché, plutôt qu'à un chiffre rond.
- Le volume quand il est fiable, pour distinguer une cassure soutenue d'un mouvement sans conviction.
- Un seul indicateur d'élan, RSI ou stochastique, pas les deux, pour repérer un mouvement qui s'essouffle.
Ceux qui trompent le plus
Le problème vient moins des indicateurs que de la façon dont on les lit. Le RSI « suracheté » au-dessus de 70 n'est pas un signal de vente : dans une tendance forte, il peut y rester des semaines pendant que le prix continue de monter. Les croisements de moyennes arrivent souvent après l'essentiel du mouvement.
Quant aux indicateurs « secrets » vendus en abonnement, promettant des signaux d'achat et de vente fiables, ils recombinent le plus souvent ces mêmes calculs. Un indicateur qui donne toujours raison sur un graphique passé n'a rien prouvé : il a été réglé après coup.
- Six indicateurs, souvent de la même famille
- Des signaux contradictoires à chaque bougie
- On attend que « tout s'aligne », ce qui n'arrive jamais au bon moment
- Difficile de savoir ce qui a fonctionné
- Le prix, quelques niveaux, deux ou trois outils
- Une famille d'indicateurs, un rôle chacun
- Des règles d'entrée écrites et vérifiables
- Un journal qui dit ce qui marche
Tester un indicateur plutôt que d'y croire
Avant d'ajouter un indicateur à votre graphique, posez-vous une question simple : quelle décision précise va-t-il changer ? S'il ne change ni votre entrée, ni votre stop, ni votre sortie, il ne sert à rien, même s'il est joli.
Ensuite, testez-le. Notez dans un journal chaque fois que le signal apparaît, ce que vous auriez fait et ce qui s'est passé ensuite. Sur quelques dizaines de cas, vous verrez vite s'il apporte quelque chose ou s'il se contente de confirmer ce que le prix montrait déjà. Ce travail est fastidieux, et c'est pour ça que si peu de gens le font.
Méfiez-vous aussi des réglages. Chaque indicateur a des paramètres — la période d'une moyenne, les seuils d'un RSI — et on peut toujours trouver le réglage qui aurait parfaitement fonctionné sur les six derniers mois. Ce réglage n'a aucune raison de fonctionner les six mois suivants. Les praticiens gardent en général les réglages standards, ou très proches, et consacrent leur énergie à la gestion du risque.
Enfin, un même indicateur ne se lit pas de la même façon sur toutes les unités de temps ni sur tous les marchés. Un signal fiable sur un graphique journalier d'indice peut être du bruit sur un graphique de cinq minutes d'une crypto peu échangée.
Voir un graphique lu par quelqu'un qui trade
Les définitions sont partout. Ce qui manque, c'est de voir comment un praticien lit un graphique en direct : ce qu'il regarde en premier, ce qu'il ignore, pourquoi il ne prend pas un signal que tous les manuels recommandent. Sur Tribune, les sessions trading se tiennent en direct et vous pouvez demander, dans le chat, pourquoi tel indicateur est là ou pas. Les premières minutes sont en écoute libre.