Pourquoi la plupart des traders débutants perdent de l'argent
Les courtiers de CFD sont obligés d'afficher la part de leurs clients qui perdent, et elle est presque toujours majoritaire. Ce n'est pas de la malchance : ce sont des mécanismes identifiables, et on peut s'en protéger.
Sur la page d'accueil de n'importe quel courtier de CFD en Europe, vous trouverez une petite phrase obligatoire : un pourcentage de comptes d'investisseurs particuliers qui perdent de l'argent. Ce chiffre affiché tourne couramment autour de 70 à 80 %, parfois plus. Autrement dit, la majorité des clients de ces plateformes perdent.
On pourrait en conclure que le trading est un casino. C'est plus subtil : les pertes ne tombent pas au hasard, elles suivent des mécanismes qu'on retrouve chez presque tous les débutants. Les connaître ne garantit rien, mais les ignorer garantit presque le pire.
Le levier transforme une petite erreur en grosse perte
Le levier permet de prendre une position plus grosse que son capital. Il multiplie les gains, et il multiplie les pertes exactement dans la même proportion. Le débutant le voit comme un accélérateur ; il fonctionne surtout comme un amplificateur d'erreurs.
| 1 | 1 000 € | 20 € (2 %) |
| 5 | 5 000 € | 100 € (10 %) |
| 10 | 10 000 € | 200 € (20 %) |
| 30 | 30 000 € | 600 € (60 %) |
Les frais grignotent en silence
Chaque opération coûte : l'écart entre prix d'achat et de vente, une commission parfois, et des frais de financement pour une position gardée la nuit avec levier. Sur une opération, c'est invisible. Sur cent opérations par mois, c'est souvent la différence entre un compte à l'équilibre et un compte qui baisse.
Le débutant a tendance à multiplier les positions, pour « rester dans le marché ». C'est l'inverse de ce qu'il faudrait : moins d'opérations, mieux choisies, coûtent moins et s'analysent mieux.
L'asymétrie des gains et des pertes
C'est le mécanisme le plus contre-intuitif. Après une perte de 10 %, il faut gagner 11 % pour revenir à zéro. Après une perte de 50 %, il faut doubler le capital restant. Un compte qui encaisse une grosse perte ne se rattrape presque jamais au même rythme qu'il s'est vidé.
Voir les données
| Gain nécessaire pour revenir à l'équilibre après une perte | |
|---|---|
| -10 % | 11 % |
| -20 % | 25 % |
| -30 % | 43 % |
| -40 % | 67 % |
| -50 % | 100 % |
| -60 % | 150 % |
| -70 % | 233 % |
Voir les données
| -10 % | -20 % | -30 % | -40 % | -50 % | -60 % | -70 % | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Gain nécessaire | 11 | 25 | 43 | 67 | 100 | 150 | 233 |
Le comportement, plus que la stratégie
Les débutants cherchent la bonne stratégie. Les praticiens expérimentés parlent surtout de discipline. Les comportements qui vident un compte sont connus :
- Couper les gains trop tôt par peur de les perdre, et laisser courir les pertes en espérant qu'elles reviennent.
- Déplacer son stop quand le prix s'en approche, ce qui revient à ne pas en avoir.
- Se « refaire » après une perte en doublant la taille de la position suivante.
- Trader l'ennui : ouvrir une position parce qu'il ne se passe rien, pas parce qu'un signal existe.
- Changer de méthode chaque semaine, ce qui empêche de savoir si une seule d'entre elles fonctionnait.
Un scénario très courant
Un débutant dépose 1 000 €. Les premiers jours, il gagne un peu, avec un levier de 10 : +60 €, +40 €, +90 €. Il se sent à l'aise et augmente la taille de ses positions. Arrive une position perdante ; il ne la coupe pas, parce qu'elle « va revenir ». Elle ne revient pas, et le compte perd 250 € en une après-midi.
Le lendemain, pour effacer cette perte, il double la taille de la position suivante. Elle perd aussi. En une semaine, le compte est passé de 1 190 € à 520 €. Il faudrait maintenant plus que doubler ce qui reste pour revenir au point de départ, et la tentation de risquer encore plus gros est à son maximum.
Aucune étape de ce scénario ne relève de la malchance. Chaque décision a été prise contre une règle simple : risque fixe, stop respecté, pas de revanche. C'est pour ça que les praticiens insistent tant sur la discipline : elle ne rend pas gagnant, mais elle empêche ce genre de semaine de se produire.
Les courtiers le savent, et c'est pourquoi la réglementation européenne leur impose d'afficher leur pourcentage de comptes perdants, de limiter le levier offert aux particuliers et d'empêcher que le solde d'un compte devienne négatif. Ces protections réduisent les dégâts, elles ne les suppriment pas.
Relisez ce scénario en remplaçant le levier de 10 par un levier de 2 et un risque de 1 % par position : la même semaine aurait coûté quelques dizaines d'euros. Le débutant aurait eu le temps de comprendre son erreur, au lieu de la payer au prix fort.
Ce que font ceux qui durent
Ceux qui tiennent sur la durée ne sont pas forcément ceux qui gagnent le plus vite. Ce sont ceux qui risquent peu par position, tiennent un journal, savent s'arrêter après une mauvaise journée et acceptent de passer des mois en démo ou avec des montants minuscules. Rien de tout cela ne se voit sur une capture d'écran de gains.
C'est pour ça qu'il est utile de voir quelqu'un trader en direct, avec ses pertes comprises. Sur Tribune, les sessions trading montrent le raisonnement au moment où il se fait, et vous posez vos questions dans le chat. Les premières minutes sont en écoute libre. Aucune promesse de gain : seulement la façon de travailler de quelqu'un qui le fait.